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Nous parlerons de l’écologie, mais aussi de la nature, de l’environnement, des pollutions ou des nuisances.
Quelques définitions
Ecologie : Etude scientifique des rapports des êtres vivants avec leur milieu naturel. Par extension le même mot désigne une idéologie, un «écologisme », ou une politique orientée par la défense du milieu naturel, la protection du cadre de vie et de l’environnement.
Ecologue : Scientifique spécialiste de l’écologie.
Ecologiste : Adepte de l’écologie comme doctrine, idéologie ou politique.
Ecosystème : Ensemble naturel formé par les éléments physiques et vivants (animaux et végétaux) et leurs interrelations.
Nature : Réalité physique existant indépendamment de l’homme, et dont l’homme est partie prenante. Environnement : Ensemble des éléments naturels et artificiels qui constituent le cadre de vie d’un individu.
Polluer : Rendre malsain ou dangereux pour un quelconque être vivant un milieu naturel en répandant des matières toxiques ; infecter, souiller quelque chose par des agents physiques, chimiques ou biologiques.
Nuisance : Elément qui provoque de l’inconfort, de la gêne ou du danger ; un dommage, un tort, un préjudice.
Depuis quand l’homme a-t-il commencé à modifier son environnement ?
Dès qu’ils surent maîtriser le feu, les hommes du Paléolithique purent modifier les milieux naturels, favorisant ainsi la constitution de steppes propices aux grands ongulés chassables.
Les premiers changements ans les régions tropicales les incendies régulièrement allumés par les hommes du Paléolithique inférieur (les premières traces du feu maîtrisé apparaissent vers - 500 000 ans) causèrent la destruction de vastes surfaces de forêts primitives. Ces pratiques ont favorisé la constitution de steppes de graminées et de savanes, en Afrique occidentale et en Asie du sud-est. Il y a une dizaine de millénaires, les (paléo) indiens d’Amérique du Nord ont étendu de la même façon la «prairie» pour favoriser le bison.
Au cours de ce processus d’ouverture des milieux, et toujours avec l’aide du feu, les chasseurs exterminèrent plusieurs espèces animales géantes. Il y a environ 50 000 ans, plus de la moitié des grands mammifères disparaissent de la sorte. Exemple : les mammouths et le bison antique en Amérique du Nord. Il faut alors environ 20 km2 pour nourrir un être humain.
Les premières causes de déséquilibre e développement de l’agriculture, seconde révolution causée par l’homme, permet, au Néolithique, un accroissement démographique sans précédent.
La grande faune sauvage est systématiquement éliminée car elle concurrence ou menace les animaux domestiques. Les forêts sont en grande partie remplacées par des pâturages et des cultures. Il ne faut plus alors que quelques hectares pour nourrir un agriculteur du Néolithique. La civilisation agraire a modifié profondément les milieux mais elle s’appuie encore sur des "rythmes naturels" : jour-nuit, saisons, fécondations, fertilisations et luttes biologiques.
Les bouleversements contemporains : les sociétés technologiques
L’invention des premières machines, l’application de nouvelles techniques et l’industrie ont provoqué une régression des milieux vivants, la modification des flux d’énergie, l’utilisation d’énergies fossiles non renouvelables à court terme. Trop souvent les prélèvements des ressources sur les écosystèmes dépassent leur niveau de productivité et diminuent d’autant les capacités de production future.
Quelles sont les limites de l'environnement de l'homme
Ce sont celles des milieux terrestre, aquatique et aérien que l’homme peut fréquenter.
Tous ces espaces dépendent les uns des autres et réagissent entre eux. Fréquentés réellement ou non par l’homme, ils sont toujours plus ou moins influencés par lui.
Il faut distinguer :
es limites des espaces où la vie est possible : la biosphère. Il s’agit d’une tranche de
- une partie de l’atmosphère (
- l’hydrosphère (
- quelques mètres de lithosphère (couche externe du globe terrestre) : le sol.
La biosphère ne représente que 0,5 % de l’ensemble atmosphère + Terre dont le rayon total est de
Les limites des espaces occupés par les hommes, c’est-à-dire la surface des terres émergées habitables, soit 26,3 % de la superficie de la planète.
Quelques chiffres :
· Surface totale de
· Surface des terres immergées : 360 000 000 km2 (soit 70,7 %).
· Surface des terres émergées : 149 000 000 km2 (soit 29,3 %).
· Surface des terres habitables : 134 000 000 km2 (soit 26,3%).
· Altitude maximale habitée (hauts plateaux tibétains) :
· Circonférence de
· Rayon moyen :
Existe-t-il un "capital planète"
à gérer pour l'avenir ?
Oui, car l’homme fait partie d’un ensemble unique d’où il tire les ressources pour vivre. Préserver ce capital est vital à long terme.
La notion de « capital planète » doit être considérée à plusieurs niveaux.
1. A l’échelle de l’univers, la terre est la seule planète du système solaire où existe la vie telle que nous la connaissons. On ne connaît pas d’autre système solaire identique au nôtre dans notre galaxie. Nous sommes en présence d’un phénomène unique dans notre proche univers.
2. A l’échelle planétaire, la vie végétale et animale est la partie essentielle de ce «capital planète ». Il s’agit d’un phénomène évolutif, instable. On connaît assez bien les stades d’évolution passés, mais on ne connaît pas les étapes à venir : quels autres groupes de plantes et d’animaux apparaîtront au cours des millions d’années à venir ? Comment l’espèce humaine va-t-elle évoluer ? L’homme ne doit pas entraver cette évolution ; il doit conserver la diversité des espèces et leurs habitats, éviter aussi la modification définitive de leurs caractères par des modifications génétiques non maîtrisées. Cette « biodiversité » - gènes, espèces et écosystèmes - a fait l’objet d’une convention internationale à Rio en juin 1992 .
3. A l’échelle de l’homme, le « capital planète » comprend d’abord les éléments indispensables à sa survie : l’air, l’eau, doivent être sains ; la terre fertile. Il comprend également l’ensemble des ressources utilisées pour le développement des sociétés humaines et l’amélioration de leur confort, soit l’ensemble des ressources minérales et énergétiques, qui peuvent être classées en quatre groupes.
| | Ressources renouvelables (1) | Ressources non renouvelables à court terme |
| Ressources recyclables (2) | eau | métaux |
| Ressources non recyclables | combustibles d’origine végétale (alcools...) | pétrole, charbon et autres combustibles fossiles |
Des techniques nouvelles permettent, aujourd’hui, de rentabiliser des gisements où la ressource est peu concentrée et d’en découvrir de nouveaux. Ceci permet de penser que le problème de l’épuisement des minerais métallifères ne se pose pas. Seul subsiste celui des sources d’énergie et des déchets produits. Il apparaît donc nécessaire de s’orienter, par une transition douce, vers une industrie où le recyclage des matériaux et l’utilisation d’une énergie renouvelable, comme l’électricité d’origine hydraulique, seraient prépondérants. Ceci impliquerait aussi la production d’appareils d’usage courant plus durables et réparables et également plus économes en énergie
(1) Une ressource est considérée comme renouvelable quand les mécanismes de sa production compensent les effets de son prélèvement.
(2) Une ressource est considérée comme recyclable quand les produits de son utilisation permettent de reconstituer une partie de la ressource initiale.
Les limites de l’espace de l’homme peuvent-elles être déplacées ?
Oui, aujourd’hui les progrès technologiques permettent à l’homme de repousser les limites de son espace vital.
L’organisme humain doit, pour son fonctionnement :
- maintenir constante (à 37° C) la température de son corps ; il est qualifié pour cela d’homéotherme, comparativement aux animaux, dits à sang froid, comme les poissons ou les reptiles, classés parmi les hétérothermes ;
- se nourrir régulièrement et utiliser le dioxygène de l’air pour produire l’énergie nécessaire au maintien de cette température.
Plus les hommes s’éloignent des zones à climat tempéré, humide, plus les difficultés rencontrées sont grandes : froid dans les zones polaires, chaleur et sécheresse dans les régions tropicales désertiques.
A titre expérimental, l’homme peut reconstituer un environnement artificiel qui lui permet de survivre pendant plusieurs mois, dans des milieux naturels où normalement la vie est impossible : stations polaires, stations désertiques, bathyscaphes, stations spatiales.
La réalisation à grande échelle de stations artificielles (villes spatiales) serait envisageable. Leur coût énorme, lié à la grande quantité d’énergie nécessaire pour les faire fonctionner a, jusqu’à présent, empêché leur fabrication.
Les océans couvrent environ les trois quarts de la surface terrestre qui sont autant d’espace disponible à conquérir pour l’homme.
On peut néanmoins se poser la question de l’enjeu de telles réalisations pour le développement durable de l’humanité.
L’équilibre terrestre peut-il être modifié naturellement ?
L’histoire de la vie sur Terre n’est qu’une succession de modifications naturelles de l’équilibre.
L’expression "équilibre terrestre" suggère une grande stabilité, matérialisée par la pérennité des grands ensembles naturels et des phénomènes qui leur sont associés : les mers, les montagnes, le cycle régulier des saisons, etc.
En fait,
Les premiers vertébrés (poissons), puis les batraciens, les grands reptiles (dinosaures) et les mammifères apparurent successivement il y a 500, 200, 60 millions d’années. Dans cette évolution, l’espèce humaine âgée de 5 à 6 millions d’années fait figure de dernière née. Dans un résumé de l’histoire de
En se limitant à la géographie de l’Europe Occidentale, les générations d’hommes qui se sont succédé auraient noté, si elles en avaient eu les moyens, d’importants bouleversements au cours des 4 à 5 derniers millions d’années :
assèchement total de
assèchement partiel de
apparition, puis disparition, d’une calotte glaciaire sur
formation d’une chaîne de montagnes volcanique comprenant plusieurs dizaines de cônes dans le Massif Central dont il ne reste plus aujourd’hui que les formes fossiles, l’activité volcanique ayant complètement cessé.
Dans 4 à 5 milliards d’années le soleil se sera complètement dilaté à la suite d’une évolution commune à toutes les étoiles. L’ensemble des planètes qui l’entourent, dont
L’état actuel de
La perspective d’une fin inéluctable de toute vie sur Terre ne doit pas pour autant inciter les hommes d’aujourd’hui à l’irresponsabilité. Notre "capital planète" doit être géré à très long terme et son avenir est entre les mains de l’homme.
Depuis quand l'homme pollue-t-il ?
Dès qu’il a abandonné sur un même site des quantités importantes de déchets, l’homme a perturbé le fonctionnement originel de certains milieux.
Il y a pollution chaque fois qu’une accumulation importante et brutale de substance nouvelle se produit. Il n’est pas nécessaire que cette substance soit toxique en soi ; ce sont les conséquences de son accumulation qui peuvent être la cause de la pollution.
Un cas très ancien illustre ce mécanisme. Les plaines de Mésopotamie (région de l’Irak actuel) étaient, il y a six ou sept mille ans, le grenier à blé du Moyen-Orient. Elles furent irriguées, afin d’accroître les rendements, avec les eaux des fleuves. Mais l’absence de drainage naturel, en profondeur, provoqua l’accumulation des eaux infiltrées, puis leur remontée en surface, où elles s’évaporèrent, tout en déposant les sels dissous. Ces dépôts devinrent si importants au fil des siècles qu’ils entraînèrent la stérilisation progressive des terres.
Vers 1700, en Italie, des habitants de Finale furent intoxiqués par les déchets d’une usine de traitement de minerai de mercure.
Au XVIIIe siècle, l’exploitation de mines de cuivre et de zinc au Pays de Galles provoqua la disparition de la végétation.
Mais c’est avec l’essor industriel qui suivit la deuxième guerre mondiale, à partir de 1945, que les cas de pollution se multiplièrent.



